Etat d’esprit des esclaves après l’abolition de l’esclavage.

Généralement, la première réaction des esclaves affranchis fut le refus d’obéir. Bon nombre d’entre eux ont refusé de reprendre le travail dans les plantations de la canne à sucre plus particulièrement. Pour la première fois, les esclaves affranchis ont laissé entendre publiquement que les travaux dans les plantations ne font qu’entretenir leur ancien état d’esclaves. Seulement faut-il mentionner qu’ils n’avaient pas eu d’autres formations professionnelles en dehors du travail dans les plantations. Par ailleurs, l’oisiveté liée à cette liberté recouvrée a fait germer des esprits simplistes pour bon nombres des affranchis.

L’écrivain LAFCADIO HEAR avait écrit : "ils s’étaient mis à rêver de libres donations de plantations et de richesses ; ils entrevoyaient un repos perpétuel gagné sans effort." En outre, les esclaves récemment libérés ont voulu jouir du même privilège que les hommes de couleur qui ont bénéficié d’une liberté à cause de services exceptionnels qu’ils ont rendus à la République. Mais cette classe de couleur affranchie, ayant bénéficié des privilèges avant, ne défend pas la même cause que les esclaves récemment libérés qui ont pensé encore au combat mené ensemble contre le républicanisme, la bourgeoisie ou le colonialisme.

Que dire maintenant du sort des plantations ?

Il va sans dire que l’abolition de l’esclavage a entraîné un important déficit de main d’œuvre dans les plantations de canne à sucre. En plus du refus de nombreux affranchis de continuer le travail dans les plantations, force a été de constater que le travail des esclaves a connu une "usure rapide". Ce constat a été aperçu sous silence depuis de longue date. En effet, le travail très pénible dans les plantations a provoqué un taux de mortalité trop élevé et l’espérance de vie des travailleurs était très faible. Pour palier à cette usure, les colons avaient procédé à la politique du "renouvellement fréquent de leur outil de production". Il suffitsait de remplacer ceux qui étaient défaillants. Cette source inépuisable disparaît avec l’abolition de l’esclavage au grand dam des colons. La production de canne à sucre a connu une chute catastrophique. La Guadeloupe qui produisait 37994 tonnes de sucre en 1847 ne pouvait plus garder cette capacité malgré l’arrivée des Indiens en 1854.

L’abolition de l’esclavage et ses séquelles ont contraint le Ministre des Colonies de l’époque à prescrire la révision des lois régissant le monde du travail et la colonie se prépare à recevoir des immigrés.

mardi 24 août 2010, par Edito Guadeloupe

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