La culture du café guadeloupéen

La Guadeloupe a longtemps été reconnue pour son café. Longtemps productrice, la région possédait l’un des meilleurs cafés. Actuellement, la consommation sur l’archipel est d’environ 600 tonnes par an pour une production de seulement 25 tonnes. C’est au XVIIIe siècle que le café fut importé, puis planté aux Antilles sous l’initiative des Hollandais. Introduit par Gabriel de Clieu, capitaine d’infanterie sur l’île aux Belles – Eaux, l’Arabica Bourbon Pointu a rapidement connu un vif succès et les plantations caféières se sont répandues sur l’île. Selon les connaisseurs, il s’agissait du meilleur café. Il fut longtemps utilisé pour améliorer les variétés les moins bonnes, c’est pourquoi il est considéré comme un « café bonifieur. »

Mais début 1900, suite à des maladies dévastatrices et au développement d’une concurrence accrue en provenance d’Afrique et d’Amérique Latine, l’Arabica Bourbon a peu à peu laissé sa place aux cultures de canne à sucre et de banane. De près de 1900 tonnes produites en 1920, la région est passée à seulement une vingtaine. La production locale tente de se relancer depuis quelques années par le biais de coopératives regroupant quelques petits producteurs de la Côte Sous le Vent. Mais avec la saison des pluies, qui correspond au temps des récoltes et sous l’effet du changement climatique, le cycle des caféiers est perturbé.

L’avenir du café guadeloupéen

Selon Victor Nelson, l’un des pionniers de la relance de la production en Guadeloupe, le café a un avenir sur l’île à condition de le cultiver sérieusement. Mais naturellement, il ne pourra pas concurrencer le café acheté au Brésil malgré une forte demande et un formidable créneau à l’exportation. Toutefois, l’important est de parvenir à proposer un café de qualité. De plus, sa qualité de « café bonifieur » représente un atout considérable, que tentent de valoriser les agriculteurs et les acteurs territoriaux. Conscients qu’il s’agit là d’un point important, ces derniers tentent d’obtenir la mise en place d’une labellisation géographique.

Cette demande de labellisation est contraignante et nécessite des actions collectives : définition du terroir, caractéristiques du café, et aussi des dispositifs de coordination. L’engagement de la profession agricole dans cette option stratégique est une condition indispensable à son succès. Parallèlement, il est primordial de renforcer les associations de producteurs. Ces derniers ont besoin d’appuis techniques, notamment lorsqu’ils débutent. Le savoir – faire doit ainsi être partagé, afin que la renaissance du café guadeloupéen puisse être durable. La notoriété du café « bonifieur » représente un atout d’envergure qui pourrait valoriser la production et ainsi rebooster l’économie locale.

mardi 4 mai 2010, par redaction

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