Le gwoka : un véritable moyen d’expression

L’histoire du gwoka commence avec l’arrivée des esclaves en provenance d’Afrique pour cultiver la canne à sucre en Guadeloupe. En mémoire de leurs ancêtres africains, et surtout pour exprimer le mal-être lié à la servitude, les esclaves se sont servis des tonneaux de petite taille pour fabriquer un instrument de musique, le ka. Les esclaves ayant l’interdiction de couper les arbres à l’époque, se sont servis des ressources qu’ils avaient à portée de main pour fabriquer leurs tambours. Si les percussions sont les éléments centraux du gwoka, tout autour s’articulent des chanteurs ainsi que des danseurs. Si la tradition s’est quelque peu modernisée, le gwoka s’est transmis de génération en génération, et continue d’animer la vie des insulaires.

Traditionnellement, une formation de gwoka se compose de deux grands tambours qui donnent le rythme ainsi que d’un petit tambour qui accompagnent les chanteurs et les danseurs. Le gros tambour, que l’on appelle le boula, est d’une taille considérable permettant quand même de le porter. Les percussionnistes s’assoient à califourchon sur le boula en percutant à rythme régulier la membrane en peau de bête. C’est ainsi que le tempo du gwoka s’obtient. Le petit tambour est quant à lui appelé mawkè. Le percussionniste qui utilise le mawkè accompagne le chant en harmonie avec les boulas, mais en apportant une plus grande richesse harmonique. Le percussionniste du mawkè peut par ailleurs se lancer dans des improvisations en fonction de l’ambiance qui règne.

La place du gwoka dans la société guadeloupéenne moderne

S’il fut un temps où le gwoka était quelque peu oublié des insulaires, le regain d’intérêt pour l’identité créole a permis la renaissance de ce style musical, pour la plus grande joie des habitants et des touristes. Dernièrement, lors des grandes manifestations organisées par les syndicats locaux, le son du ’ka a résonné pour marquer leur pas. Dans les rues de Pointe-à-Pitre, les jeunes guadeloupéens se retrouvent souvent, notamment en week-end, pour chanter et danser au rythme des percussions. Certes, la musique a évolué en intégrant d’autres styles musicaux, mais la base est toujours préservée. Il n’est pas rare d’entendre le gwoka lors des regroupements comme les mariages ou encore les fêtes populaires.

Si vous passez vos vacances en Guadeloupe, vous aurez la possibilité d’acheter un ka. En effet, l’île compte plusieurs fabricants de cet instrument de musique traditionnel travaillant dans le plus grand respect des techniques ancestrales. Si vous comptez rester sur place pour une assez longue période, il est possible de s’inscrire à des cours de gwoka. Au sein des écoles, vous apprendrez non seulement les bases rythmiques, mais également les principales variantes de la musique ainsi que la dextérité qui fera de vous un vrai Guadeloupéen. Au total, on compte sept rythmes de base, à quatre, trois ou deux temps. Cœur dynamique de la culture musicale guadeloupéenne, le gwoka saura vous séduire tant par son ambiance que pour les valeurs qu’il véhicule.

samedi 23 janvier 2010, par redaction

Newsletter - Votre mail :