Les costumes créoles : histoire de métissage

Le costume créole est le résultat du mélange de nombreux éléments venus d’Afrique, d’Europe et d’Asie. Il est le témoin vivant du métissage social, économique et culturel dont la Guadeloupe fut le théâtre à partir du XVIIe siècle. L’univers des robes illustre bien ce phénomène. Les femmes blanches, épouses des colons, imposaient à leurs esclaves des vêtements qui cachaient leur sensualité. Les esclaves arrivaient nus aux Antilles et étaient ensuite habillés. Un de leurs premiers vêtements était « la chemise à 3 trous », dénommée ainsi pour sa simplicité : elle présentait un trou pour la tête et deux pour les bras. Pour les travaux des champs, les esclaves portaient simplement un pagne ou une jupe. Les maîtres donnaient à leurs esclaves deux tenues par an. Cependant, ces derniers pouvaient en confectionner grâce à l’argent issu de la vente des produits de leurs jardins.

Aux alentours des années 30, les femmes portaient « le rob di chan’m », une robe ample en coton, aux manches longues, destinées à cacher complètement le corps. Elle était la copie de la robe de chambre de la maîtresse. La « gaule » était une robe d’intérieur très simple, à manches longues ou mi-longues en coton blanc ou à carreaux. Elle était portée par toutes les femmes, les mulâtresses comme les femmes libres, mais le tissu permettait de différencier le milieu social. Les jeunes filles portaient un « ti kolè » (ticollet), une robe avec un col plissé, jusqu’à ce qu’elles se marient. Devenues femmes, elles adoptaient la « gwan rob », la grande robe dite taille fine. Il s’agissait d’un ensemble jupe/chemise/casaquin et bamboche taillé dans différents tissus : mouchoirs de Cholet ou madras. Très coquettes, les Guadeloupéennes complétaient leur tenue de bijoux.

Les costumes créoles : coiffe et bijoux

La coiffe est un élément central du costume créole. Elle reflétait soit la situation sociale, soit les circonstances de la vie. La coiffe traditionnelle de madras est née d’une frustration. En effet, des lois interdisaient aux affranchies de porter des chapeaux qui étaient réservés aux femmes blanches. Or, le port du foulard constituait une véritable humiliation pour ses femmes. Elles adoptèrent rapidement le madras, en l’arborant à la façon d’un carré de tissus noué autour des cheveux. Il faut différencier la « tête attachée » et la « tête serrée », calendée ou casserole, ces dernières ne se défont pas et sont portées comme des chapeaux. La coiffe devient un langage, un code, un signal en fonction du nombre de pointes élevées qu’elle porte : célibataire, amoureuse, mariée ou tout simplement provocatrice

Les bijoux sont indispensables pour compléter le costume créole. Ils sont apparus au XVIIe siècle et sont aussi le résultat d’un métissage. La gravure des bijoux ainsi que l’idée de sertir les pierres précieuses correspondent à un héritage européen. L’influence africaine se fait sentir dans la façon de travailler le métal et d’exploiter les différentes teintes de l’or. Pour les orfèvres, la faune et la flore de la Guadeloupe sont d’importantes sources d’inspirations. Les fameuses créoles, ces grands anneaux d’oreilles, sont le bijou par excellence, de même que la « tête négresse », un cercle d’or à l’intérieur duquel est montée en superposition une série de petites fleurs. Différents colliers constitués de mailles ovales creuses ou emboitées, en or, rappelant les chaînes de forçat, mettent en valeur le costume créole.

mardi 11 mai 2010, par redaction

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